La précarité énergétique

Le Togo est un pays en voie de développement d’Afrique de l’Ouest ouvert sur le Golfe de Guinée. Selon le PNUD, le Togo compte parmi les 20 pays les moins avancés, soit le 162ème au rang mondial sur 177 pays. 49% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté national et le secteur informel représente 86,7% des emplois. 46,4% des ménages de Lomé et sa périphérie sont pauvres (moins de 1,25$ par jour) ou présentent un risque important de basculer dans la pauvreté. Les infrastructures urbaines ne suffisent pas à couvrir les besoins d’une urbanisation galopante, laissant des quartiers entiers dépourvus d’accès au réseau électrique. Moins de 45% des ménages a accès à l’électricité (16% dans les zones rurales) et s’éclaire à l’aide de lampes à kérosène ou torches à piles, peu efficaces et coûteux à l’usage. Plus de 95% de la population cuisine avec des combustibles ligneux sur des foyers rudimentaires, peu efficaces et donc énergivores. Cette précarité énergétique a des conséquences environnementales, socio-économiques et sanitaires qui touchent les ménages les plus démunis et particulièrement les femmes.

L’utilisation massive des combustibles ligneux exerce une pression sur les ressources naturelles. 72.6% du couvert forestier a disparu au Togo entre 1990 et 2015, dont une grande partie en fumées de cuisson et 462 millions de barils de pétrole sont consommés par jour dans le monde pour alimenter les lampes à kérosène. La croissance de la population urbaine (qui cuisine quasi-exclusivement au charbon) aggrave la forte déforestation observée au Togo. Outre la destruction d’énergies fossiles, ces équipements génèrent chaque année des millions de tonnes de CO2 qui contribuent de surcroît au réchauffement climatique.

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Cuisiner et s’éclairer avec des équipements inadaptés a également un impact sanitaire considérable. Les foyers traditionnels émettent des fumées nocives et des particules fines, qui affectent majoritairement les femmes et les enfants en bas âge, et tuent 4 millions de personnes par an. L’utilisation de lampes à kérosène et de bougies est quant à elle responsable de brûlures et d’incendies dont les premières victimes sont les enfants et qui causent selon l’OMS 300 000 décès par an.

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Enfin, la précarité énergétique maintient les ménages dans la pauvreté. D’une efficacité faible, les équipements rudimentaires requièrent de grandes quantités de combustibles. Les utilisateurs ont le choix entre acheter leur combustible, ce qui peut représenter jusqu’à 25% de leur budget, ou bien ramasser le bois, véritable corvée quotidienne qui revient souvent aux femmes, et qui peut prendre jusqu’à plusieurs heures par semaine.

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Pourtant, d
es solutions existent pour limiter le recours à des énergies polluantes et coûteuses :

  • les foyers améliorés à charbon ou à bois permettent d’économiser jusqu’à 40% de combustible par rapport à un équipement traditionnel ;
  • les réchauds à GPL (gaz butane), permettent de transférer la consommation de bois ou de charbon de bois vers un combustible plus propre et plus économique ;
  • les lampes solaires à panneau photovoltaïque diffusent une lumière de bonne qualité, avec une source d’énergie gratuite et illimitée.

Les barrières du marché

Malgré les avantages avérés des solutions techniques à la précarité énergétique, des barrières limitent leur adoption par les ménages et leur diffusion à grande échelle. En effet, si leur efficacité permet de réaliser des économies sur les combustibles, l’acquisition de ces technologies implique un investissement initial que les ménages les plus pauvres n’ont pas les moyens de réaliser. La faiblesse du tissu industriel local limite également la production et la disponibilité des équipements. L’indisponibilité des produits est aggravée par la faiblesse des réseaux de distribution qui, lorsqu’ils existent, atteignent rarement les endroits les plus reculés. D’autre part, l’absence de standards et de réglementation ralentit le développement de la filière des produits énergétiques efficaces et des énergies renouvelables. Enfin, l’existence de ces produits et de leurs bénéfices restent encore largement méconnus des populations, ce qui freine leur diffusion.

Mivo Energie tente de lever les barrières qui entravent l’accès à ces équipements modernes pour les rendre accessibles au plus grand nombre, et particulièrement aux populations vulnérables et isolées. Cela passe par :

  • la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement pour des produits performants qui répondent aux besoins des ménages ;
  • la promotion des produits à travers un large réseau de distribution accessible « au dernier kilomètre » ;
  • la mise en place de services financiers et non financiers à tous les niveaux de la chaine de production et distribution pour lever les barrières qui limitent l’accès à ces produits.
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